L’origine de l’architecture haussmanienne

Un style réglementé pour embellir Paris

L’immeuble haussmannien trouve ses origines dans le Second Empire, pendant la deuxième moitié du XIXe siècle. Napoléon III fut fasciné par la modernité des autres capitales européennes et décida de confier au préfet de la Seine, Haussmann, la plus importante opération d’urbanisme de l’histoire de Paris : désengorger et assainir la vieille ville médiévale. 20 000 immeubles furent démolis pour laisser place à des grandes perspectives fermées sur des monuments. L’administration rédigea une réglementation pour la construction des façades et pour donner une homogénéité aux nouvelles avenues. C’est à partir de ce cahier des charges, qu’on donne naissance à l’architecture haussmannienne. Elle continue, aujourd’hui, de symboliser la noblesse et l’élégance du XIXe siècle à la française, et l’image de Paris.

Synonyme de modernité

Ces opérations d’urbanisme avaient aussi pour objectif de moderniser les équipements de la ville, s’inscrivant dans le courant hygiéniste. L’immeuble haussmannien était relié à l’eau courante, au gaz et au nouveau réseau d’égouts. Les avenues ont, quant-à-elle, bénéficié de l’éclairage public au gaz et d’un système d’évacuation des eaux de pluie. Paris est devenue un symbole de modernité, plus propre et plus sécurisée, la ville lumière. 

En revanche les populations les moins aisées, qui n’avaient plus les moyens de se loger dans les nouvelles constructions, ont été reléguées en périphérie. Cette concentration des beaux quartiers résidentiels au centre de la ville est donc une spécificité de Paris, qui perdure aujourd’hui et qu’on trouve peu ailleurs. Les centres-villes sont habituellement plutôt des lieux d’activités que des lieux de résidence.

Comment reconnaît-on un immeuble Haussmannien ?

La principale caractéristique de l’immeuble haussmannien est sa façade en pierre de taille beige et contrastée par un toit anthracite, en zinc ou en ardoise. Certaines constructions contemporaines imitent ce style et peuvent donner l’impression qu’il s’agit d’un bâtiment plus ancien. Néanmoins d’autres éléments étaient réglementés dans le cahier des charges du préfet Haussmann, notamment la hauteur et la répartition des étages.

Organisation de la façade

La structure du bâtiment permet de reconnaître formellement un bâtiment de style haussmannien et notamment la répartition des étages :

  • Un rez-de-chaussée réservé aux commerces

  • Un entresol pour les appartements des commerçants

  • Le deuxième étage qui était le plus noble avec de riches décors et un balcon filant

  • Les troisième et quatrième étages plutôt classiques avec des balcons individuels

  • Le cinquième étage, modeste en décoration mais avec son balcon filant pour une question d’équilibre

  • Et le dernier étage qui est composé des appartements de services par lesquels on accède via un escalier desservant la cuisine des appartements inférieurs.

Le décor dans les parties communes

On retrouve également des éléments caractéristiques dans les parties communes :

  • Un grand vestibule d’entrée avec un sol en marbre et une porte cochère

  • Souvent un bel escalier avec une rampe en fer forgé

  • Des couloirs avec des murs en staff ou en boiseries

  • Des miroirs imposants et des dorures

Un intérieur avec une distribution planifiée des pièces

La disposition des appartements reprend les codes du XIXe siècle. Il y a donc une nette séparation entre les pièces de réception, les pièces de service et les pièces privées. D’un côté les pièces de réception sont en enfilade terminées par une pièce de service. De l’autre côté, les appartements privés sont desservis par un couloir pour éviter les pièces occupées par les invités. Le bâtiment est lui-même disposé en forme de L ou de U pour avoir un accès à l’air extérieur peu importe où l’on se trouve. 

La décoration est très différente d’un appartement à l’autre mais on retrouve souvent quelques éléments :

  • Des moulures décoratives en plâtre

  • Un parquet massif en chevrons (parfois de la tomette dans les cuisines)

  • Des cheminées décoratives en marbre ou en style prussien

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